Sauvage pour l’une, volcanique pour l’autre, les côtes sud et est de l’île ont conservé leur authenticité. 

Découvrez les côtes sud-est de la Réunion : loin de l’animation des plages de l’ouest et de l’agitation de Saint-Paul, découvrez sur 100 km les côtes sud et est de la Réunion s’étendent de Saint-Pierre, la capitale du sud vers Saint-Benoît, pays de la canne à sucre. Accessible en voiture en empruntant la N2, le trajet peut être réalisé en 1 h 30 sans mettre pied à terre, ce qui serait quand même dommage tant les haltes recommandées sont nombreuses! Si vous partez aux heures de pointes, il est conseillé de partir de Saint-Pierre dans le sens inverse des aiguilles d’une montre afin d’éviter aux automobilistes, arrivant de l’ouest, d’affronter les bouchons matinaux de la route du littoral.

Grande Anse

Rejoignez la N2 à l’est de Saint-Pierre en direction de Saint-Joseph. Le premier arrêt est à 1/4h. Après avoir traversé Grand-Bois et aperçu les vestiges de l’usine sucrière qui a fermé ses portes dans les années 1980, attrapez la D.30 sur votre droite. 3 km de tournants mènent à Grand-Anse.

Une plage très prisée des Réunionnais du sud. Ici on vient pour pique-niquer, apprécier la beauté du site, une langue de sable coincée entre 2 pointes, face à un océan tumultueux et dangereux. Impossible de s’y baigner sauf à faire trempette dans la petite piscine naturelle située sur la gauche.

Manapany les Bains

6 km plus loin, vous voici à Manapany-les-Bains. A 5 min de Saint-Joseph, cette baie, très fréquentée en période de vacances, a gardé un charme certain avec ses cases traditionnelles et les ruines de l’ancien four à chaud. Elle possède aussi son bassin naturel (moins grand mais plus profond que celui de Grand-Anse) où il est possible de se rafraîchir. Ce cadre unique accueille un festival chaque année en septembre. Jusqu’en 2013, il s’agissait du Manapany Surf festival. 3 jours de musiques du monde entier, une compétition de surf et des milliers d’inconditionnels. Depuis 2014, le festival garde son concept mais fait la part belle à l’escalade.

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Crédit IRT/Bruno Tandrya

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Saint-Joseph

A Saint-Joseph, si vous ne bifurquez pas sur votre gauche vers la Plaine-des Grègues (D32), le village de Grand Coude (D33) où la route qui longe la Rivière Langevin, poursuivre en direction de Saint-Philippe. La N2 prend progressivement des allures de route communale. Falaises spectaculaires et coulées de lave nourrissent le panorama. Moins de 20 km séparent Saint-Joseph du charme désuet de Saint-Philippe. Mais les haltes sont multiples.

Quelques arrêts possibles :

  • La marine de Vincendo (7 km après Saint-Joseph) où l’on pique-nique sous les vacoas.
  • Encore 3 km et se dévoile le Cap Méchant avec ses falaises noires, tables et restaurants agréables.
  • Sur la gauche cette fois, il est possible en voiture de rejoindre en quelques kilomètres Basse-Vallée et son gîte, point de départ de nombreuses randonnées au cœur d’une flore originale.
  • Après la piscine du Puits des Anglais (autres halte), partir sur la gauche de la N2 à la découverte du Jardin des parfums et des épices. (Tél: 02 62 37 06 36 /06 92 66 09 01).
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Crédit IRT/Emmanuel Virin

1h30 à 2h de promenade en visite libre ou guidée, entre arbres fruitiers, plantes médicinales, bois de couleurs, espèces endémiques… dans la superbe forêt de Mare-Longue qu’une boucle pédestre d’1h permet également d’apprécier au son des oiseaux.

Vacoa et vanille à Saint-Philippe

Plantée au milieu d’une végétation luxuriante, Saint-Philippe est la principale commune du sud. Le vacoa (utilisé pour le tressage et la cuisine), la vanille Bourbon (vous en trouverez à acheter le long de la route) et ses cases colorées ont fait la réputation de ce bourg historiquement peuplé de Petits Blancs et que la proximité des colères du volcan a préservé du modernisme.

Ici, restaurants, tables d’hôtes et gîtes ne manquent pas.

A voir sur place : le petit port et le retour des pêcheurs (vers 11h), le musée Au bon roi Louis (Tél : 02 62 37 12 98) qui évoque le mode de vie des premiers colons.

Les plus courageux peuvent rejoindre à pied en longeant l’océan le site du Tremblet depuis le port (prévoir 5h de marche, retour possible en bus sur Saint-Philippe).

Office de tourisme – Tél : 02 62 97 75 84

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Crédit IRT/Cédric Etienne

Le Grand-Brulé, au-dessus des coulées de laves

La portion entre Saint-Philippe et Piton Sainte-Rose (30 km, 30 min), est la plus originale de cet itinéraire. La N2 traverse l’Enclos. Cette zone, encore appelée le Grand-Brûlé est située entre le rempart du Tremblet et celui de Bois-Blanc. Elle est interdite à toute construction et habitation en raison des multiples coulées de lave, toutes d’aspects différents selon la fluidité et la densité du magma. Depuis toujours, les coulées du Piton de la Fournaise ont dévalé les Grandes Pentes, coupé la route (pendant parfois plusieurs semaines) pour finir dans l’océan Indien. Elles ont parfois agrandi l’île de quelques hectares et provoqué l’évacuation des cases construites aux abords immédiats de l’Enclos. La végétation reprenant vite ses droits, les coulées ne sont pas toutes visibles. Certaines sont déjà recouvertes par la forêt. D’autres se superposent l’une sur l’autre. Mais le long de la N2, des panneaux explicatifs indiquent clairement les différents millésimes qui ont, à chaque fois, attiré des milliers de curieux, jamais lassés de ce spectacle unique. Une lave, lente ou rapide, fine ou au contraire épaisse de plusieurs dizaines de mètres, aux couleurs changeantes, embrasant arbres et fougères avant de plonger dans la mer, dégageant un impressionnant panache de fumée et faisant remonter des abysses des espèces inconnues : 1986, 1998, 2001, 2002, 2004, 2005 et surtout 2007 (voir plus bas).

Anse des cascades

Le hameau de Bois-Blanc marque la sortie nord de l’Enclos. 3 km après, abandonner la N2 et prendre sur la droite. Une petite route sinueuse rejoint en 5 min l’anse des Cascades protégé par le Conservatoire du littoral et sa végétation délirante. Une baie sauvage idyllique, quelques barques, un sol recouvert de galets une forêt de palmistes ceinte par de hautes falaises luxuriantes d’où l’eau jaillit en de multiples endroits. Impossible de se baigner mais un resto-bar, des tables de pique-nique et un départ de sentier facile, sous les vacoas et face aux rouleaux. Longeant le littoral, il mène à Piton Sainte-Rose en 1h30.

Notre-Dame-des-Laves

Rejoindre la N2 en direction de Piton Sainte-Rose, 3 km plus au nord. L’arrêt à l’église Notre-Dame-des-Laves est indispensable. En 1977, une coulée de lave atteignant 500 m de largeur, a dégringolé à 80 km/h sur le village, franchissant la route, emportant et brûlant quelques maisons mais épargnant par miracle l’église qu’elle a contournée. Très fréquenté, ce lieu de culte et de dévotion a été restauré en 1982. Sainte-Anne, son église et son bassin bleu turquoise 25 km plus au nord et vous voilà au bourg de Sainte-Anne qui dépend de la commune de Saint-Benoît, face à une église surprenante de style baroque, décorée par les enfants du catéchisme et les paroissiens, classée aux monuments historiques. Des images du film de François Truffaut « la Sirène du Mississipi » avec Jean-Paul Belmondo, y ont été tournées. A Sainte-Anne se trouve aussi le très joli Bassin Bleu, qui vaut le détour par jour de grand soleil.

Repartir dans l’Ouest de la Réunion

De Sainte-Anne, prévoir 40 min (50 km) pour rejoindre Saint-Denis en voiture, en contournant les villes de Saint-Benoit et Saint-André, essentiellement par la 2×2 voies qui traverse les grandes exploitations cannières du nord-est de l’île. Poursuivre ensuite par la route du littoral pour rejoindre Saint-Gilles et les plages de l’ouest (35 km)…  Accessoirement, vous aurez aussi effectué le tour complet de l’île en voiture, soit 209 km !

Vous pouvez également aller sur les traces du VOLCAN: En avril 2007, le Piton de la Fournaise a connu l’une de ses plus importantes éruptions depuis qu’elles sont répertoriées. Le Dolomieu s’est effondré. Des pluies acides ont inquiété la population. 140 millions de mètres cubes de lave se sont écoulées en quelques semaines vers la mer, emportant sur plusieurs centaines de mètres de large la forêt de bois de couleurs et laissant un paysage d’apocalypse. Le territoire national y a gagné 30 hectares et 2 petites plages de sable noir ! Le liquide a mis des mois à refroidir. Des grottes et des tunnels interminables que l’on peut visiter, se sont créés. Et lorsqu’il pleut, ici et là on aperçoit encore des fumerolles.